Entrevue avec Jean Lechasseur, responsable du programme multisports à l’école du Mistral

Anthony Guay-Tremblay

Au cours des dernières semaines, j’ai eu la chance de faire plusieurs entrevues avec les responsables des programmes des options de secondaire 4.

Voici la dernière d’entre elles, avec Jean Lechasseur, enseignant d’éducation physique au Mistral et responsable du programme de multisports.



Journaliste
Bonjour Jean.

Jean
Hé bonjour! Ça va bien Anthony?

Journaliste
Oui très bien, et vous?

Jean
Oui merci.

Journaliste
Est-ce que vous pouvez vous présenter?

Jean
Oui. Bonjour, mon nom est Jean Lechasseur, je suis enseignant d’éducation physique ici à l’école et par le fait même je suis professeur d’éducation physique multisports.

Journaliste
D’accord. Décrivez votre programme en trois mots.

Jean
Explorer, découvrir et approfondir.

Journaliste
D’accord. En général, quel est le contenu de votre programme?

Jean
Le programme est très très varié. On passe une grande partie de l’année à l’extérieur et puis il y a un bloc de piscine qui est compris là-dedans, mais le but c’est vraiment de donner le goût à toutes les activités extérieures, découvrir de nouvelles activités qu’on n’a pas vraiment fait, ni dans notre primaire, ni dans notre secondaire et bien sûr c’est sûr qu’on fait d’autres activités qu’on a déjà vues, mais je travaille surtout sur une dimension qui est très sociale, donc l’entraide, le partage, l’encouragement, découvrir que tout le monde a sa place, que tout le monde est utile c’est à peu près l’objectif de ce que j’essaie de développer dans ce cours-là.

Journaliste
Depuis combien de temps ce programme existe-t-il?

Jean
Le programme existait avant même que j’arrive ici comme enseignant donc probablement qu’il existait dans les années 70, 80 et 90.

Journaliste
Qu’est-ce qui a mené à sa création?

Jean
C’est le besoin. On est dans une école où les élèves bougent une fois par semaine et puis il y en a qui ont vraiment le besoin de bouger, ils ont besoin d’aller plus loin parce qu’au même titre qu’en mathématiques on veut devenir encore meilleur, dans les arts plastiques on veut devenir vraiment des bons artistes, autant au niveau de la musique ou des arts plastiques, peu importe, mais je pense que dans le sport, il y en a qui veulent s’améliorer et il y en a qui ont juste besoin de bouger beaucoup plus.

Journaliste
Quel genre d’élève votre programme attirerait-il?

Jean
On est ouvert à tout le monde, l’important c’est de s’impliquer. On ne peut pas dire qu’on vient en multisports si on ne fournit pas un minimum d’efforts, mais il y a de l’ouverture pour chacun. On ne commence à comparer un garçon avec une fille ou un élève qui est sportif avec un élève qui est moins sportif, tout le monde a sa place dans ce cours-là, moyennement au fait que l’élève puisse donner un effort.

Journaliste
Quelles sont les compétences nécessaires pour participer?

Jean
Comme je disais, il n’y en a aucune. C’est d’avoir du cœur. On rentre, on travaille, on veut, on a le goût de découvrir des choses, on a le goût d’essayer des affaires et on n’est pas là pour juger. Il n’y a aucun critère de base, tout ce que ça prend pour être là, c’est du cœur et c’est tout.

Journaliste
Quelles compétences le jeune pourrait-il acquérir?

Jean
C’est sûr que ce qu’il va apprendre là-dedans, ça va lui servir plus tard dans sa vie professionnelle. Il va être capable d’apprendre à travailler avec des gens qu’on aime ou des gens qu’on aime moins, mais pas nécessairement le terme aimer. Des gens avec lesquels c’est plus facile de travailler et des gens avec lesquels c’est plus difficile. Dans tout ça, la personne va être capable de développer ce que j’appelle des habiletés sociales, elle va être capable de travailler et de développer des choses et elle va apprendre aussi à connaître la portée de ses limites. À quelque part, elle va être capable de dire « ça je suis capable de le faire, ça je suis pas capable de le faire ou ça je pensais pas que j’étais capable de le faire et j’ai réussi à le faire » donc ça donne vraiment des beaux moments.

Journaliste
Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre projet?

Jean
Ce projet-là, c’est que ça me permet d’être créatif, apporter des nouvelles idées, apporter des choses. On est habitué à voir des cours d’éducation physique qui sont toujours, pas similaires, mais on va souvent dans des sports qui sont traditionnels qu’on est habitué de voir et qu’on est habitué de connaître. Moi, ça me permet de développer une folie et d’aller chercher des nouveaux jeux qui sont tout simples ou même des fois prendre des sports qu’on connait déjà et on pousse encore la limite plus loin. C’est vraiment ça que j’adore. Ça m’ouvre des portes. Moi comme enseignant, ça m’ouvre des portes pour que je ne tombe pas dans une routine et que je puisse apporter souvent du nouveau et des choses comme ça.

Journaliste
Qu’est-ce que votre activité peut offrir pour le futur des étudiants?

Jean
C’est sûr que ça a plein de répercussions. Si à quelque part je suis capable de donner le goût aux élèves, juste le goût, de vouloir bouger, de rester en santé et tout ça, c’est pour tout le monde que c’est payant. En bout de ligne, il va y avoir moins de gens dans les hôpitaux. Si ces personnes-là, rendues adultes, peuvent donner le goût à leurs enfants de faire des activités, ça augmente les sorties entre amis, les fins de semaines qu’on se rassemble pour faire des activités, que ce soit l’automne, l’hiver, l’été ou peu importe, si je suis capable de donner un éventail d’activités, puis surtout, je peux leur donner la passion qu’ils vont garder pendant des années et des années, moi ma paye va se situer à ce moment-là.

Journaliste
Êtes-vous satisfait du statut de votre programme? Si oui, pourquoi? Sinon, que voulez-vous améliorer?

Jean
C’est une question qui est difficile. Il n’y a jamais rien de parfait, ça fait que oui, présentement, je suis heureux. Les élèves apportent une belle dynamique, moi je pense que j’ai des bonnes idées, mais il y a toujours place à l’amélioration. Il y a toujours place à être créatif, à apporter des choses, et mon programme, je pourrais dire que je peux améliorer des choses, mais d’une année à l’autre, selon les élèves qui sont là, ça peut être des cours différents à toutes les années. C’est dur de dire ce que je peux améliorer, la seule chose que je veux éviter, c’est de tomber dans la routine parce que ça s’adresse aux élèves de secondaire quatre et cinq, donc j’ai le souci au moins de dire que les élèves de quatre ne répètent pas les mêmes choses en cinq. À partir du moment que les élèves travaillent bien et que moi je me force pour être une meilleure personne, je pense que le cours va devenir lui-même meilleur à ce moment-là.

Journaliste
Où voyez-vous votre projet dans cinq ans? Dans dix ans?

Jean
Dans cinq ans, où va être rendu mon projet? Il va être rendu vraiment plus loin j’espère. On a déjà eu quatre groupes de multisports, on est rendu à un groupe maintenant, pour différentes raisons, mais moi, si dans cinq ans je pouvais avoir vingt-cinq groupes de multisports, je serais tellement heureux, mais c’est impossible à faire, mais dans cinq ans, ce que je verrais, ce serait qu’il y ait encore plus de groupes pour qu’on puisse organiser des compétitions entre les groupes, qu’on puisse organiser des choses, je serais vraiment heureux. Dans dix ans, où je vois mon projet, je ne le sais pas parce que je serai sûrement à la retraite déjà, mais j’espère que dans dix ans, la personne qui va reprendre ce cours-là aura la même folie que moi, aura le même « guts » de vouloir pousser les élèves à leurs limites, et je pense que ça va rester quand beau cours dans ce moment-là.

Journaliste
Merci beaucoup, c’était ma dernière question.

Jean
Merci beaucoup. Je te souhaite une belle journée, Anthony.

Voilà.
Cette entrevue est la dernière d’une série de quatre entrevues avec différents enseignants responsables des options de 4e secondaire